C’est marrant, quand on y pense, je ne peux marcher dans une merde de chien sans tourner de l’oeil (et sans jeter la paire de pompes, ne riez pas, c’est vrai, sauf si elle est nettoyée avec amour par la personne qui partage ma vie) (si c’est pas de l’amour, ça, ma chérie, je m’appelle Laurence) et ça m’est encore arrivé hier, normal, j’habite Paris. Non, ce que je veux dire c’est je ne peux pas marcher dans une merde de chien sans tourner de l’oeil alors que je peux, sans problème :
- Tirer sur des fils qui sont arrimés à des crochets plantés dans un oeil, pour orienter cet oeil selon les désirs du chirurgien, pendant des heures.
- Regarder le chirurgien inciser le blanc de l’oeil et tripoter à foison l’iris ou je ne sais quoi, avec son scalpel, pendant que je mâche mon chewing-gum.
- Voir une lipo à un mètre en regardant la graisse tomber dans le bocal : la pompe entre de vingt bons centimètres sous la peau qui se soulève comme une nappe posée sur la table de la cuisine, peau qui tressaute sous les violents coups de poignets du chirurgien.
- Sentir l’odeur de la peau grillée par le bistouri, en pensant aux vacances.
- Enfoncer moi-même un cathéter dans la veine d’une main, sur le poignet, et pester parce que rien ne vient : trifouiller un coup, ressortir et repiquer plus haut. Enfin ça vient !
- Curer un escarre bien profond en sentant racler mon petit instrument contre l’os du sacrum.
- Enfoncer une aiguille bien profond dans la fesse, en intramusculaire, chez une maigre, et la sentir toquer contre l’os, au fond.
- Me faire vomir dessus, dans une cuvette que je tiens obligeamment.
- Me faire pisser dessus, par un monsieur qui ne sait pas viser dans le pistolet que je tiens obligeamment.
- Me faire chier dessus, par un drap que je tire un peu trop fort et qui, en prenant de la vitesse, me retombe sur le nez, faisant couler un peu de merde liquide encore fraîche sur ma joue.
- Enlever un duoderm après six jours (ah bravo les filles) sur une plaie si odorante qu’on dirait un fromage italien en vacances au soleil, sans déodorant.
- Tirer sur un ongle qui ne demande qu’à tomber.
- Enlever le dentier d’une vieille après le repas, pour le nettoyer à la brosse à dents, enlever les déchets (steak haché, pâtes) et lui remettre dans la bouche, avec les doigts et sans gants.
Oui, tout ça, je peux le faire (et je le fais) mais marcher dans une merde de chien, rien qu’à l’idée, rien qu’à l’odeur…Je défaille. Va comprendre, Charles.








Hihi! Moi je ne supporte pas de voir un poisson mort dans mon aquarium… par contre un cadavre peut se vider de son hémorragie interne sur moi quand je le tourne, ça me fait ni chaud ni froid !
Bien dégueu ce post…mais tellement vrai !
On ne supporte pas parce que le caca de vieux et le caca de chien ne sentent pas pareil ?
Je dirais que si le caca de chien vous insupporte par rapport aux merdes que vous voyez au quotidien : seules explications : vous ETES HUMAIN et ça rassure quelque part d’avoir encore cette sensibilité ; je m’inquiéterais plus si vous ne sentiez plus rien mais se serait surement pathologique :
MERCI pour le partage de vos écrits ceux ci me donnent envie à mon tour d’en écrire comme vous ds 1 petit carnet planqués biensur : que du bonheur de vous lire ………..
A BIENTOT
Excellentissime! Tellement vrai, ça sent le vécu tout ça, du vrai, du réel et puis c’est bien écrit. Attention tout de même aux quelques petites fautes d’orthographe par ci ou par là…
Je sais, je suis ch….(restons dans le sujet), mais l’orthographe qui pâtit, c’est ça que j’ai du mal à supporter,avec l’odeur du vomi aussi, parce que celle des bonnes vieilles fèces et des fécalomes, ça me laisse de marbre…
Grandissime, si tu me lis, allez racontes nous comment on fait pour se retrouver en calçon devant sa chef, hein???
Et pourquoi maintenant tu t’habilles comme un cosmonaute quand des rumeurs de diarrhée sont dans le secteur!!!!!
Bises de ta collègue que tu reconnaîtras, je suis sûre, derrière le pseudo