Je ne sais pas ce qu’il m’arrive mais plus le temps passe et plus je suis cool au boulot, mais cool dans une direction que je n’aurai jamais pu prendre, il y a quelques années. Un truc tout bête, tiens : je dors la nuit qui précède ma prise de poste, après les deux jours de repos. C’est bête, n’est-ce pas ? Et bien figurez-vous que je n’ai pas fermé l’œil, pendant des années, mais rien, je me tournais et me retournais sans cesse toute la nuit, alors que j’étais épuisé, que je voulais dormir mais non, rien ne venait.
Moralité, j’arrivais épuisé au boulot, le jour de la reprise, bien épuisé, sans vraiment comprendre pourquoi. Tout allait bien, j’aimais mon poste, mes collègues (dans la mesure du raisonnable), j’étais plutôt compétent mais non, impossible de fermer l’œil. Je m’endormais pour mieux me réveiller, en contemplant l’heure sur le réveil, toutes les heures et demie.
Je ne sais pas ce qui s’est passé dans ma vie, si je suis devenu philosophe ou si j’ai pris conscience de ma condition de mortel mais, désormais, je dors mes huit heures sans souci et j’en mettrais presque le réveil le matin pour ne pas oublier de me lever. J’arrive dans les vestiaires à la dernière minute, je peux remettre une blouse bien sale de la veille sans pester que je n’en ai pas reçu de propres depuis 1945 et j’arrive toujours à la dernière seconde (plus deux minutes) assis sur ma chaise, à écouter les transmissions, d’une oreille…mhummm…disons relativement attentive. Je ne sors plus mon quatre couleurs, d’ailleurs j’en ai tellement perdu, des quatre couleurs, que je n’en ai plus. Je taxe ceux des copines ou j’utilise jusqu’à la dernière goutte les moches que j’ai volé dans une agence immobilière ou ceux des Pompes Funèbres, ils sont bien ceux-là, ils écrivent gros.
Je note tout sur une feuille mais j’en garde moins qu’avant. C’est un peu malheureux mais je crois que « je connais la musique » et qu’elle résonne moins bien à mes oreilles. On me la fait moins, quoi. Les pathologies me surprennent rarement, les comportements humains sont souvent identiques, les histoires qui peuvent dégénérer, je leur vois poindre le nez, les gentils malades par contre je m’appuie dessus et j’attends d’eux qu’ils restent gentils. Et obéissants. Et patients. Je ne crois plus le baratin de la surveillante (j’en ai tellement entendu) et je ne crois plus le baratin de l’interne (j’en ai tellement croisé) et je ne crois plus le baratin du médecin (j’en ai tellement tendu, des classeurs) et je ne crois même plus les propres conneries que je raconte, c’est dire.
Je gère, quoi.
C’est étrange, il me semble avoir gagné en confort de travail ce que j’ai perdu en humanité. Mais cette pensée m’est si déplaisante que je me raccroche immédiatement aux voyages proposés par le CE, cette année : 1250 euros pour le Cambodge, 9 jours, ça m’a l’air rudement bien. En priant pour que les connes du Viscéral aient pas la même idée. Remarque je pourrais toujours les pousser sur un champs de mine antipersonnel.








J’adore, merci !
1/ Je suis très content parce que je retrouve sur ce blog le plaisir du fauteuil club de Ron l’infirmier.
2/ On voit que tu as plus de bouteille, parce que je n’ai toujours pas renoncé à acheter des 4 couleurs perdus/volés la veille dans les cafet’ des hôpitaux. Et qui sont perdus/volés le lendemain.
Tu pars quand au Cambodge ? (quelle saison ?)
9 jours c’est top ouais..!
tu aimes toujours ton boulot ? tu es cool mais es-tu blasé ?
J’adore… merci !
@ Thomas : et OUI, tu es encore tout jeune.
@ Jali : je pars en Chine, finalement. Et j’aime bien mon boulot, oui, moins mes collègues.