Vous me pardonnerez le titre racoleur, c’est juste pour récupérer de nouveaux lecteurs, merci.
Comme tout le monde, j’ai lu pas mal de choses sur la mort de Michaël Jackson. Comme beaucoup, j’ai décroché peu de temps après, avec un sentiment de trop plein.
Mais cette actualité m’a rattrapé, bien malgré moi. Afin de rester un peu au courant de tout ce qui se fait dans le petit monde de l’anesthésie, Google me concocte chaque jour un condensé de tout ce qu’il trouve avec les mots clés qui s’y rapportent.
Alors vous imaginez bien qu’un titre du genre “Du propofol, un anesthésique, retrouvé chez Michael Jackson” allait vite se retrouver sur mon écran. Et c’est là que tout a commencé. Parce que du coup, j’ai lu un florilège de perles journalistiques que je veux absolument partager avec vous.
“Du profonol chez Michael Jackson” Bon, déjà, avec une erreur dans le titre, c’est mal parti. “Cet anesthésique très puissant et dangereux cause des arrêts cardiaques lorsqu’il est associé à de la lidocaïne, un puissant narcotique”. En même temps, un anesthésique pas puissant, ça n’anesthésie personne, c’est moins intéressant. Moins dangereux, aussi, c’est vrai. Notez que tout est super puissant dans cet article. La lidocaïne, est aussi super puissante, même si c’est autant un narcotique qu’une canette de Fanta.
“Le Propofol est si puissant qu’il peut arrêter le cœur de quelqu’un de son propre chef” C’est pas un truc de ouf, ça? Un médicament qui décide, comme ça, sans raison, d’arrêter un cœur. Juste parce qu’il a envie. En même temps, ils sont plusieurs, les médicaments dans ce cas. Est-ce que le journaliste sait que le paracétamol qu’il utilise lors de ses céphalées post-rédactionnelles peut arrêter un foie “de son propre chef”, sans demander l’autorisation à personne? Certes, un foie c’est moins classe qu’un cœur, mais c’est quand même bien utile.
Mais ce n’est pas (que) pour ricaner à peu de frais que j’écris ce petit billet. Bien sûr qu’il faut vulgariser, simplifier. Mais là on est au-delà, dans une galaxie fort fort lointaine. Non, le problème c’est que là, ça me saute aux yeux parce que ce sont des produits que j’utilise tous les jours. Mais sur la traite des vaches en Corrèze? Sur le crash d’un avion? Sur le conflit Israëlo-Palestinien? Il y statistiquement pas mal de chances de tomber sur un article de ce style, complètement faux. Pas forcément volontairement, d’ailleurs, juste par grosse flemme. Le souci, c’est que, par exemple, sur la traite des vaches, je risque de me faire complètement avoir, et de passer encore une fois pour un Parigot inculte.
Je vous parie ma chemise (et elle est presque neuve) qu’il ne se passera pas une semaine avant qu’un patient ne refuse d’être endormi au “Profonol”, sous prétexte qu’il ne veut pas mourir. Ou alors de son propre chef.
La Fédération Nationale des Infirmiers vient d’envoyer un communiqué de presse en affirmant son opposition a statut libéral de l’aide soignant.
Bon. A titre personnel, je n’ai pas d’avis tranché sur la question. A titre professionnel non plus d’ailleurs. J’entends les arguments des deux camps, augmenter les possibilités de maintien au domicile des personnes âgées, valoriser la profession, contre la tentation de faire des économies de bouts de chandelle au détriment de la qualité des soins et mettre en difficulté les infirmiers libéraux. OK OK.
Alors autant je n’ai pas de position bien arrêtée sur le fond, autant la forme me dérange beaucoup. Les IDE ont bien du mal à supporter les communiqué tantôt condescendants, tantôt franchement insultants de certaines sociétés médicales. Les infirmiers anesthésistes sont ainsi régulièrement sidérés par la violence des propos de la Société Française d’Anesthésie Réanimation à leur encontre.
Et voilà que nous faisons la même chose, avec un ton qui à mon sens est particulièrement méprisant. Je dis nous, parce qu’aux yeux du grand public, une lettre signée de la Fédération Nationale des Infirmiers, ça engage forcément un peu.
Ca commence fort, avec une première phrase donc l’auteur du communiqué aurait largement pu se passer:
“La mort d’un enfant de six mois le 1er janvier dans un hôpital parisien n’était-elle pas un message d’alerte suffisamment fort et dramatique pour inviter les députés à plus de clairvoyance avant de soutenir une proposition de loi qui ne fait pas de la sécurité des soins une priorité.”
Utiliser une tragédie qui est avant tout un dysfonctionnement de service pour appuyer son propos, c’est franchement très moyen. Et gratuit, puisque ça n’a quand même strictement rien à voir. Je n’imagine même pas le tollé de mes collègues si le conseil de l’ordre des médecins avait ne serait-ce que suggéré ce genre de rapprochement.
Le reste du communiqué est du même acabit et se résume en un point: l’Aide Soignant n’est pas un professionnel de santé, mais un machin sous qualifié. Hors, que je sache, un aide soignant a une formation validée et des compétences. Certes, ces dernières sont actuellement celles du rôle propre infirmier, et il ne les exerce que sur délégation. Que cette notion soit un sujet de débat, bien sûr. Mais nier aux AS toute qualification est totalement réducteur et blessant.
Ce genre de communiqué est à mon avis totalement contre productif. Il fait apparaître toute la profession comme agressive et repliée sur elle même, reproduisant les mêmes outrances que l’opposition systématique de certains médecin à toute avancée dans le statut des infirmiers.
Tient, pour illustrer, une petite citation d’Emmanuel Carrère: «Un type qui se trouve tout en bas de l’échelle, humilié de tous, trouve habituellement du réconfort à en trouver un autre encore plus bas que lui, et à l’humilier à son tour.»
J’ai retrouvé par hasard mon bouquin de “Diagnostics Infirmiers”, qui sert à caler d’autres ouvrages que je lis tout aussi régulièrement.
Me voilà tout d’un coup projeté plusieurs années en arrière, en petit groupe, essayant vainement de dégager des diagnostics infirmiers cohérents d’un cas concret.
Je comprend tout à fait l’initiative. Développer le rôle propre, valoriser nos actions et nos réflexions infirmières, très bien, bravo, rien à dire.
Le seul souci, c’est que cet espèce de bréviaire a été importé directement du Canada et probablement traduit à l’arrache par un disciple psychotique de Virginia Henderson. Ce qui en fait une espèce de mélange incompréhensible et bavard totalement inutilisable dans la vraie vie.
Essayons de traduire en novlangue infirmière une situation banale:
Monsieur X est en réanimation pour une détresse respiratoire. Après échec de Ventilation Non Invasive car M.X était très agité, celui-ci a finalement été intubé. Ses proches sont naturellement très inquiets, son fils en particulier. Le binôme aide soignant-IDE fait sa toilette chaque matin.
Ce qui donne en prenant mon livre:
Monsieur X présentant une impossibilité de maintenir une respiration spontanée et un mode de respiration inefficace, il a été intubé afin de pallier son risque élevé de suffocation. La dynamique familiale est dysfonctionnelle, avec un risque de perturbation dans l’exercice du rôle parental. Par ailleurs, Monsieur X présente une incapacité totale à la réalisation de ses auto-soins.
Dans ce cas, on peut également citer:
- Maintien inefficace de l’état de santé
- Risque de Syndrome d’inadaptation à un changement de milieu
- Communication verbale altérée
En étant particulièrement pervers, on pourrait ajouter:
- Activités de loisirs insuffisantes
- Habitudes sexuelles perturbées
- Pratique religieuse perturbée
Je n’exagère pas, j’ai connu des formatrices qui exigeaient les 14 besoins fondamentaux pour n’importe quel patient, dans n’importe quelle situation. Activités de loisirs insuffisantes en réa, tu m’étonnes.
Oh mon Dieu, que ça fait sérieux et professionnel! surtout la réalisation des “auto-soins”, qui est probablement le terme le plus hideux jamais pondu.
Je me moque, mais j’étais très fort pour caser ce genre de de patois dans me démarches de soins à l’école.
J’espère sincèrement que ce genre de concept fumeux tombera de lui-même en désuétude, vu son décalage quasi total avec la réalité, mais j’ai comme un doute.
Décidément, depuis que je me dit que je pourrais inventer des tas de trucs dans ma cuisine, je tombe sur des inventions géniales. D’ailleurs, ce type de billet sera dorénavant mensuel.
S’il y a une chose que je déteste faire, c’est bien les ECG. Déjà parce que ce n’est pas invasif, donc pas drôle. Et puis surtout parce que je ne SUPPORTE PAS ces 10 fils qui semblent disposer d’une conscience et dont le seul but est de s’emmêler et de vous pourrir la demi heure qu’ils passeront en votre compagnie.
Si à cela on ajoute les faux contacts, les dénominations des électrodes effacées (tiens, c’est V4 ou V6 lui?) vraiment, je déteste faire les ECG.
Et visiblement les gars de chez Commwell ne les aiment pas beaucoup non plus. Mais par contre ils se souviennent avec amour des gants de cuisine avec lesquels leurs mamans sortaient de délicieux cookies du four. Alors ils ont emprisonné des électrodes dans un gant de maman, et ça donne le Physioglove:
C’est particulièrement laid, mais regardez la vidéo, vous verrez un vieux docteur qui déteste encore plus les câbles que moi et vous serez conquis. La vidéo
Si vous avez des souvenirs de jeunesse émouvants, confiez les moi, j’ai un fer à souder, on fera fortune.
Pourquoi est-ce maintenant que ça lâche? Par quel miracle un mandarin parisien partage-t-il une merguez-frite-mayo avec un militant Sud Santé? Probablement parce que c’est la réforme de trop.
Depuis des années, l’hôpital est entré dans une logique très forte de maitrise des coûts. Tarification à l’acte, regroupement de pôles, “Nouvelle Gouvernance”. Les médecins avaient intégré ces logiques de réduction de coût. Parfois difficilement, mais le cap était passé. La réduction des actes non indispensables, la “juste prescription”, tout cela est finalement rentré dans les mœurs, et c’était plutôt bien.
Les infirmiers, eux, on vu la qualité des soins baisser lentement mais sûrement. Oh, rien de bien violent, plutôt de façon pernicieuse. Les compresses plus fines, les cathéters premiers prix, des départs en retraites non remplacés. L’année prochaine, l’Assistance Publique ne financera plus la formation continue de ses agents. Ou un nombre ridiculement bas. Dommage, c’était le principal intérêt de cette vénérable institution. D’ailleurs, webmaster de l’ap-hp, tentez de planquer les phrases du genre: “L’offre institutionnelle constitue enfin un outil d’accompagnement des personnels dans leur parcours professionnel et promotionnel, en permettant l’enrichissement des pratiques professionnelles, le développement des compétences et des qualifications.” ça sonne comme une insulte aux oreilles de ce celles et ceux qui ont réussi un concours difficile et qui ne seront pas financés. Sans avoir été tenu au courant avant, bien sûr, conformément aux us et coutumes de politesse et de savoir vivre administratifs.
Alors la toute puissance aux gestionnaires purs et durs, c’est un peu le bouquet final, le rideau qui se lève complètement pour dévoiler une logique purement comptable profondément choquante. La petite claque derrière la tête comme pour dire: “vos efforts, les gars, c’était bien mignon, mais on va y aller franchement, maintenant, laissez faire les pros.”
Manque de pot, l’hôpital publique n’est pas une entreprise comme une autre. Parce qu’une entreprise, son métier, sa nature, est d’être bénéficiaire. Peu de gens ont une idée précise de la misère sociale qui peut régner dans les bas fonds parisiens. Comment être bénéficiaire quand on traite un toxicomane en phase SIDA, non suivi depuis des années? Comment gagner de la thune avec une femme de 80 ans démente/diabétique/hypertendue/isolée qui arrive aux urgences? Quelle tarification pour l’assistante sociale qui passera des heures au téléphone pour chercher une place qu’elle ne trouvera pas? Quelle tarification pour l’infirmière qui lave, rassure, rend un minimum de dignité? Que dalle, la vieille et le toxico ne valent rien. Pas d’acte, pas de fric.
Comment imaginer mettre en concurrence une structure privée à but lucratif qui sélectionne ses patients et un hôpital public qui récupère une détresse médicale et sociale de plus en plus criante?
J’aime profondément l’hôpital public parce j’aime sincèrement l’idée de soigner Monsieur X de la même manière que Monsieur Y. Je ne suis ni naïf ni angélique, c’est un choix réfléchi. Je suis le premier à détester la lourdeur de la machine, l’incompétence crasse de certains personnels médicaux ou paramédicaux totalement inamovibles. Mais le jour où Monsieur X n’aura pas de scanner parce qu’il n’aura pas de mutuelle, ce sera largement, largement plus détestable.
Tags: hôpital, manifestation
La veille sur internet à ceci d’intéressant qu’elle permet de recevoir chez soi des abstracts d’études qui ne me concernent en rien. Je prends le soin d’écrire cette phrase car nous allons évoquer l’éjaculation précoce.
Des chercheurs du Royal Victoria Hospital on prouvé que l’application d’un spray anesthésiant 5 minutes avant l’acte permet d’allonger considérablement la durée du rapport sexuel.
Ce qui est bien avec les abstracts en anglais, c’est que les notions les plus crues passent comme une lettre à la poste, au milieu de termes qui font sérieux comme “multicentre”, “double-blind”, ou “placebo-controlled study” . On peut notamment retrouver le charmant concept de IELT (prononcer Aïe Hii Ell Tii pour faire bien), acronyme de “intravaginal ejaculatory latency time”. Je vous épargne la traduction.
Bref, les chercheurs de sa Royale Majesté ont donc démontré que l’IELT était laaaargement prolongé grâce à leur spray.
Leur médicament miracle, c’est un bête mélange prilocaïne/xylocaïne. Ca vous dit quelque chose? Normal, c’est simplement de l’Emla en spray. Encore un truc que j’aurais pu développer dans ma cuisine. Décidément je rate plein de choses.
Pour ceux qui veulent se cultiver, lisez l’abstract de l’étude.
PS: Comme je suis un peu embêté pour illustrer l’article, je vous ai choisi une jolie marguerite.
Une étude australienne récente parue dans l’American Journal of Respiratory and Critical Care Medicine démontre que la délégation de tâche aux infirmiers dans le cadre de la prise en charge de Syndrome d’Apnée du Sommeil modéré donnait des résultats équivalents à une prise en charge par des médecins spécialistes.
Equivalents et moins cher, hein, c’est quand même le nerf de la guerre.
Je suis un fervent partisan de la délégation de tâches médicales. Je m’explique:
La délégation, c’est ce qui se passe depuis toujours. Il y a quelques années, un gaz du sang était un acte médical. Il a ensuite été réalisable par l’infirmier “à condition qu’un médecin puisse intervenir à tout moment” puis il est rentré dans le cadre des actes sur prescription. A l’heure actuelle, viendrait-il à l’idée de quelqu’un de se dire “ho ho, t’as vu, il se prend pour un docteur, il a fait un gaz”? Non, cet acte est totalement rentré dans les mœurs.
A l’heure actuelle, on nie aux infirmiers toute notion d’expertise. Les diplômes universitaires servent essentiellement à la culture générale sans aucune valorisation financière. Plus grave, la politique de regroupement en pôle fait totalement abstraction du degré de compétence des soignants. Peu importe qu’une infirmière ait développé une expertise en chirurgie viscérale, qu’elle travaille régulièrement à l’élaboration de protocole dans sa discipline. Peu importe aussi qu’elle aime cette partie de la chirurgie. Elle passera comme les autres à la moulinette de la polyvalence. Et passera en orthopédie.
Ne nous leurrons pas; sans être particulièrement démago, sur le plan administratif, une infirmière c’est un pion. Un pion que l’on peut placer ou déplacer au gré des besoins.
Or la polyvalence à deux facettes. Nous sommes vaguement capable de faire plein de choses. On accorde un degré d’expertise à tous les autres professionnels paramédicaux : pédicures, kinés, ergothérapeutes. Nous, nous sommes la cheville ouvrière du soin.
Un certain nombre d’expériences ont eu lieu récemment: Confier le suivi post greffe ou du diabète de type 2 à des infirmières ayant une expertise dans ce domaine et spécialement formées, faire réaliser des écho cœur de routine à des manips radio. Le plus souvent, ça marche, et bien. Et pour moins cher, puisque rappelons-le, c’est le nerf de la guerre.
Je suis convaincu que ces transferts de tâches, correctement encadrés et contrôlés, sont une des clefs de l’attractivité de ce métier. Parce qu’un métier vécu comme peu intéressant ou socialement gratifiant, on ne le fera pas plus pour 80 euros de plus par mois ou pour un passage symbolique en catégorie A.
Savoir que si on veut, on peut choisir après quelques années de développer ses compétences autrement qu’en quittant les soins pour devenir cadre, et que des formations universitaires de qualités, reconnues tant en terme d’élargissement du champ de compétence que financièrement, ça aide à se motiver, non?
PS: Oui, je dis infirmier parce que pendant 3 ans j’ai étudié dans les Cahiers de l’Infirmière. Donc je me rattrape.
PS2: Vous êtes probablement nombreux à ne pas être d’accord. Et bien profitez-en, les commentaires sont là pour ça!
Tags: compétences, infirmières
L’ordre infirmier, je n’avais pas vraiment d’avis. Je trouvais ça intéressant d’être représenté par ses pairs plutôt que par l’Ordre des Médecins ou par des syndicats, qui pour la plupart me gonflent profondément. Même quand ils ont raison.
D’autre part, je me faisais assez peu d’illusion sur le caractère profondément novateur du machin. Bref, j’attendais, comme la majorité.
Mais je suis rassuré sur une chose: Ils auront des sous pour bosser. 75 euros par infirmier(e)s. Multiplié par 483 380* (je suis un garçon précis), ça nous donne 36 253 500 euros.
C’est déjà un bel Ordre, ça. D’ailleurs j’ai mis une majuscule.
Par son choix le Conseil National de l’Ordre des Infirmiers, après une étude budgétaire précise a fixé cette cotisation calculée au plus juste de ses objectifs. Il entend répondre à son ambition d’être porteur de ses missions et de faire des professionnels infirmiers de vrais acteurs du système de santé de notre pays en toute indépendance.
Je suis rassuré que ce montant soit calculé au plus juste après une étude budgétaire précise, plutôt qu’à la louche après une soirée en boîte. Je suis également absolument ravi de devenir bientôt un VRAI acteur du système de santé. Pour l’instant je me sens un peu bidon, mais je sais maintenant que ça ira mieux.
Les enfants, il va falloir travailler dur et surtout communiquer habilement pour faire passer la pilule, et pour que votre Ordre (notre Ordre?) ne ressemble pas trop à celui des kinés, qui est définitivement une grand réussite.
Au fait, ordre-infirmier.national@orange.fr comme adresse mail officielle, ça fait un petit peu cheap. Avec 35 millions d’euros, vous devriez pouvoir vous payer un petit nom de domaine sympathique.
* données INSEE 1er janvier 2007
Tags: Ordre infirmier
Depuis que je sais que je vais écrire pour soignants.com, un portail sérieux, je me suis remis à feuilleter des revues professionnelles qui parlent d’autre chose que de la curarisation résiduelle ou des effets rigolos de la kétamine.
Du coup, je viens de découvrir une publicité magique, et je vous annonce donc que je vais quitter mon métier pour fabriquer des dispositifs médicaux dans ma cuisine.

Ça s’appelle le Flexi Seal. Un collègue de réa avait déja inventé ça, à l’aide d’une sonde d’intubation de 7,5 et d’une poche de recueil. Mais là, c’est du sérieux. Bon, c’est surement très bien le Flexi Seal, ce n’est pas vraiment la question. Ce qui est intéressant c’est la communication qui va avec.
Imaginons la réunion de l’agence de pub:
- Bon, les gars, la campagne “Zophren, quand vomir vous gêne” a bien marché, on a un nouveau boulot: vendre un… un truc… un tuyau pour… Bon ben regardez quoi.
- Jean-Jacques, t’es chiant, on a dit qu’on arrêtait ce genre de campagne, on a déjà bien galéré avec la pub Microlax, non?
- Ben c’est la crise, les mecs, on prend ce qu’on nous propose, hein, alors il va falloir trouver quelque chose. Quelque chose de publiable.
- Et, heu… ça porte un nom cette chose?
- Ouais, officiellement c’est un “entéro collecteur rectal à ballonnet”
- Et il faut montrer à quoi ça sert?
- Oui. Bon les gars, on a 2 jours, il va nous falloir des idées, des tas d’idées.
- Ok, ça tombe bien, il me reste un gramme de déclencheur d’idées géniales. Quelqu’un a une paille?
48 heures après, voilà ce que ça donne:

Je ne sais pas pour vous, mais moi j’adore. Le vert, la rivière, le champ lexical piqué à Leroy-Merlin, tout! Ca ne doit pas être marrant tous les jours d’être pubeux pour les labos.
“Proprement novateur” chapeau bas, messieurs…
Test test, 1-2, 1-2…
Ça à l’air de marcher. Désolé, j’arrive juste, je suis encore dans les cartons. On m’a demandé d’écrire ici, j’ai dit oui.
Je ne sais pas encore ce que je vais raconter, comment je vais le raconter, mais ce dont je suis sûr c’est que je suis bien content. Parce qu’écrire sur un site de soignants, pour des soignants, c’est plutôt sympa. Pas de vulgarisation, pas de gants, pas de pince-nez, on sera entre nous, comme on le serait autour d’un café froid dans une salle de détente miteuse éclairée au néon. C’est vous dire si on va rigoler.
A bientôt!




